8 mars journée de la femme

Je ne célèbre pas vraiment « la journée de » quoi que ce soit, sauf peut-être les lundis sans viande.

La journée de la femme, aujourd’hui 8 mars, me fait toujours le même effet, qui combine amertume et espoir. Est-ce que les femmes aujourd’hui se sentent libérées ? Traitées équitablement ? Certainement pas. Je crois que c’est la lecture des écrits d’Annie Leclerc qui me donnent des ailes, beaucoup plus qu’une journée de la femme. Annie Leclerc qui, envers et contre toutes à son époque, a fait l’éloge du travail des femmes, a questionné la dévalorisation du travail ménager, a admis aimer élever des enfants. Et Vlan Simone de Beauvoir ! En quoi laver le linge sale de ses enfants et de son mari serait plus insignifiant que d’assembler vis et boulons sur une chaine de montage huilée ? Quand j’ai lu Annie Leclerc, j’ai compris que les emplois considérés « traditionnels » féminins sont moins appréciés car on n’arrive pas à voir la profession derrière ce travail, on n’y voit que l’engagement, la vocation, le don de soi. C’est d’un RIDICULE.

Alors si on se tourne vers les emplois qualifiés de non traditionnels, on a le sentiment de sortir des sentiers battus, d’agir en tant que pionnière. Ca fait les manchettes : on compte aujourd’hui X pourcent de filles dans nos programme de science et génie, ce qui représente une augmentation de Y si on compare avec 1975. On veut promouvoir les carrières en sciences chez les filles car on trouve qu’il y a toujours une tendance très forte chez elles à choisir un « métier » traditionnel féminin, comme je l’entendais ce midi à Maisonneuve en direct (Radio-Canada), puisque, comme on le présume, ces emplois favorisent davantage la conciliation travail-famille…

Pardon ? PERSONNE ici ne me fera avaler qu’une infirmière ou une enseignante a des heures plus flexibles qu’un ingénieur ou un menuisier. PERSONNE ne me fera croire que leurs conditions de travail sont bien plus intéressantes. Une enseignante planifie et corrige le soir et les fins de semaine. Une infirmière, pas besoin de détails, elle travaille des heures de fous.

Alors le journée de la femme, je vais la célébrer ce soir avec un bon verre de blanc en pensant à toutes ces filles, qui, comme moi, jonglent avec bébés, fatigue, travail, fatigue, rêves irréalisés, fatigue, conjoint, fatigue, logis, fatigue, épicerie, fatigue, lavage, fatigue et qui trouvent le moyen de dire que la vie est belle car elles assument leurs choix, même si ces derniers ont été décidés avec toute l’insouciance et la candeur qui caractérisent les adolescentes éternelles que nous étions il n’y a même pas 10 ans.

I’ll drink to that.

A propos ratonnedebiblio

Elle fait le pari que les gens curieux ont une longueur d'avance dans la vie.
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