Des histoires comme de la poésie

Il y a des histoires qui nous transportent, qui nous élèvent plus grand que soi-même, qui nous confortent.

C’est à Skarmeta que je pense à ce moment, le dernier à avoir partagé mes quelques minutes d’épicuriennes lectures avant le dodo. J’avais fréquenté cet auteur lors de ma découverte de La rédaction, courte nouvelle aussi utilisée avec les élèves (voir deux billets précédents !). Puis quand j’ai découvert « Une ardente patience« , j’ai vécu, en plein milieu d’une librairie, le sentiment que c’est le livre qui était en train de me choisir. Vous pouvez vous moquez, ah ah ah c’est ridicule, usez de votre sarcasme habituel, oh là ça s’appelle direct en désintox, ou même y voir une dimension psychanalytique, ce doit être en fait le miroir de son inconscient, mais il n’en n’est rien. Il m’arrive réellement de ressortir d’une librairie avec un livre qui m’a choisi. Je l’achète, c’est tout, pourquoi d’ailleurs résister ?

Quelques secondes ont suffi pour rencontrer et aimer Mario Jimenez, jeune et nouveau facteur, qui n’a qu’un seul client: Pablo Neruda. Alors là, inutile de m’attarder plus longtemps sur la quatrième de couverture. Je SAIS que je suis fait pour ce livre. Et ce fut le cas.

Pablo Neruda est un poète chilien engagé. Il est mort en 1973 à Santiago, malheureux et affaibli à la suite du putsch militaire du 11 septembre 1973. Il a consacré de nombreuses années à la justice sociale et à la promotion de la paix dans son pays. Lors de ses obsèques, tristement surveillées par les militaires, les chiliens sont venus chanter ses poèmes, bravant l’interdiction de toute manifestation. C’est une histoire renversante.

Et cette histoire, tissée avec celle toute simple de Mario Jimenez vivant dans un petit village de pêcheurs chiliens, brille d’authenticité. Et de poésie.

Je vous laisse donc sur quelques lignes de Skarmeta et quelques autres de Neruda. Lequel n’a peut-être pas (ou peut-être que oui après tout) déjà été choisi par un livre, mais l’a été par la poésie.

Une ardente patience (Antonio Skarmeta)

– (…) est-ce que vous pensez que le monde entier est la métaphore de quelque chose ?

Neruda ouvrit la bouche et son robuste menton fit mine de se détacher de son visage.

– J’ai dit une connerie Don Pablo ?
– Non, mon ami, non.
– c’est que vous avez fait une drôle de tête.

La Poésie (Pablo Neruda)

Et ce fut à cet âge… La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où
elle surgit, de l’hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas
des mots, ni le silence:
d’une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.

A propos ratonnedebiblio

Elle fait le pari que les gens curieux ont une longueur d'avance dans la vie.
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