Rassurantes imperfections

Je ne sais pas si tout le monde est comme moi, mais il y a des jours où je me sens affreusement seule dans mes imperfections. Comment se fait-il que je manque de patience, de force, de jugement, de goût, de temps ? Tout a pourtant l’air si facile quand je regarde les autres. Sommes-nous si actifs finalement dans notre environnement ou encaissons-nous plus souvent qu’autrement les coups du hasard ? Avons-nous choisi ce qui nous arrive, là, maintenant ?

Comme toujours, c’est dans les livres que j’y trouve une façon d’en rire et de tout dédramatiser, à défaut d’obtenir des réponses claires. Et c’est dans Les imperfectionnistes que j’ai passé pas mal de temps depuis la semaine dernière, réalisant que tout compte fait, il existe bien plus de gens semi-artisans de leur malheur, semi-victime du temps qui file à toute allure.

Tous les personnages de ce livre sont reliés, parfois tissés serrés, parfois mois, et leur vie tourne autour d’un journal international dont la salle de presse se trouve à Rome. Et tous sont remplis de défauts, de vanités, de faiblesses, bref, quand on ne s’y reconnait pas, c’est pour mieux reconnaitre un ami, un voisin, un membre de la famille.

Étrange ce sentiment de réconfort devant le malheur des autres, ou plutôt devant la présentation de plusieurs exemplaires d’antihéros ? Pas vraiment. On lit pour s’évader et dans Les imperfectionnistes, on retrouve ds problèmes qui ne risquent pas de se présenter, ou du moins, pas sous cette forme exacte.

Dans ma banque d’antihéros préférés, il y en a un que j’adore, c’est le personnage de Charlie dans le film « Scent of a woman ». Ce pauvre étudiant d’un collège prestigieux (et prétentieux) est témoin d’un acte de vandalisme envers un professeur. Reconnu comme témoin clé de l’affaire, il est sommé de dénoncer ses pairs malfaiteurs, idée qui le répulse au plus haut point. Or, avant d’être interrogé et jugé devant la cour du collège, il doit passer le week-end de l’Action de Grâce avec un ancien militaire aveugle (Al Pacino), qui l’entraîne dans une aventure incroyable. Mais enfin, lorsque Charlie se présente en cour, seul, et menacé d’expulsion, c’est son nouvel acolyte qui décide de le défendre, vous vous en doutez bien, avec brio.

En voici un extrait, flamboyant:

Peut-être que nous interprétons parfois nos faiblesses avec trop de sévérité. Avec un peu de recul, non seulement on réalise qu’on fait de notre mieux, mais qu’on se débrouille même plutôt bien.

A propos ratonnedebiblio

Elle fait le pari que les gens curieux ont une longueur d'avance dans la vie.
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