La tête hors de l’eau

C’est, à très petite échelle, une illustration de ce qui a conduit les indignés à occuper les grandes villes et, l’espace si longtemps monopolisé par les grandes banques. Je suis disparue de mon blogue exactement le 30 août et ce n’est pas un hasard. Lorsque le semestre d’automne commence, je suis pour ainsi dire contrôlée par les rendez-vous, les dates limites, les réunions. Et comme la rédactrice invitée du premier « Occupied Wall street Journal » Naomi Klein le décrit :

If there is one thing I know, it is that the 1 percent loves a crisis. When people are panicked and desperate and no one seems to know what to do, that is the ideal time to push through their wish list of pro-corporate policies: privatizing education and social security, slashing public services, getting rid of the last constraints on corporate power. Amidst the economic crisis, this is happening the world over.”

J’ai donc mis en attente quelques activités pour ne pas perdre de vue l’essentiel et éviter de m’en faire “passer une”, trop occupée à éteindre des feux. Voilà, parmi bien d’autres choses, ce blogue a subi les conséquences d’une rentrée universitaire.
Mais Ratonne n’a pas arrêté d’écrire pour autant. Entre trois demandes de subvention, des plans de cours, des formations, des évaluations de mémoire, j’ai écrit de nombreuses fois les mots maman, ami, Matilde, papa, des commandes de ma fille qui fait déjà des liens entre l’oral et l’écrit. Grand bonheur.

Et Ratonne a lu aussi, car les petits matins sont animés, les journées bien remplies, les débuts de soirée mouvementés, mais le calme revient vers 21h00 et c’est avec un livre que j’évacue les petites et grandes inquiétudes professionnelles pour mieux créer un espace sans soucis. J’ai lu dernièrement que l’humain est un primate conscient de la mort et qui se raconte des histoires pour donner du sens à sa vie. Je me dis alors qu’en période de travail intense, quand les dossiers s’accumulent et que les heures deviennent des minutes, la déshumanisation est imminente. Les histoires, heureusement sont là, patientes, lentes ou rapides, elles s’ajustent au rythme du lecteur.

J’ai lu, bien lu au moins une dizaine de romans, et je meurs d’envie de vous en parler. Mais là, j’arrête et je me lance sous la couette avec mon nouveau Nancy Huston.

Je conserve la tête hors de l’eau parce que je nage avec intensité pour ne pas me faire emporter par le courant. Mais dès la première semaine de novembre, la densité diminue et je pourrai me laisser dériver davantage vers tout ce qui contribue à illuminer la vie.

Et Madame la Mininstre, parce que j’ai mis quelques trucs en veille pour éviter de m’en faire passer une, votre idée de financer les écoles selon leur rendement n’est pas passée inaperçue de mon côté et ouf, soulagement, non plus du côté des décideurs. Sachez, chère Ministre, qu’à l’intérieur du 99%, il y en a quelques-uns qui vous guettent.

A propos ratonnedebiblio

Elle fait le pari que les gens curieux ont une longueur d'avance dans la vie.
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