L’écoles des films

C’est Curieuse d’idées qui a apporté ce livre lors d’une journée de cuisine collective entre lectrices assidues (car les lectrices cuisinent aussi, parfois, et mangent des croissants pur beurre). Et je l’ai gardé.

« L’école des films » avait tout pour me plaire. Il s’agit d’un récit hors du commun parce que le narrateur, qui relate sa propre histoire, a une attitude envers la vie et ses soucis qui m’est totalement étrangère. Hors du commun également car il est question de relation père-fils, relation somme toute positive et pas tant que ça asymétrique. Ce narrateur, c’est David Gilmour, non pas celui de Pink Floyd, mais l’auteur canadien, critique et animateur de radio. C’est donc une histoire vécue, hors de l’ordinaire, racontée par un auteur hors de l’ordinaire. Voyez. Alors que son fils de 15 ans, Jesse, ne ressent plus aucune motivation envers l’école et qu’il échoue (cause ? conséquence ? cercle vicieux ?), il lui propose d’abandonner ses études, de demeurer à la maison, de se réveiller tard dans l’après-midi s’il le souhaite, mais tout ça à la condition suivante: visionner 3 films par semaine avec lui. Je ne connais personne qui aurait osé une telle proposition. Gilmour lui-même s’est demandé à maintes reprises si cette idée était tout compte fait, une bonne idée. Voilà la beauté du récit. Le père trouve sa force dans son incertitude et sa transparence exposées aux lecteurs. Néanmoins, pendant plusieurs mois, Gilmour et son fils regardent des films ensemble, de grands classiques Hollywoodiens, des films d’horreur, des films français, l’éventail est large. Cette expérience, qui se révèle avant tout un prétexte auprès de David Gilmour pour passer du temps avec son fils, discuter de cinéma, de la vie et ne pas « le perdre », nous est amenée de telle sorte qu’on a l’impression un peu d’y être, avec eux, sur un vieux sofa et jusqu’à tard dans la nuit.

Je n’en dis pas plus, mais je vous offre ce passage inséré à la toute fin de l’histoire et qui me scie:

« Nous aurons encore du temps (…) mais plus de cette manière, plus de ce temps monotone, parfois ennuyant, qui est la vraie signature de ce que c’est que de vivre avec quelqu’un un temps que l’on croit éternel et qui, un jour, tout simplement, s’arrête. »

De Joyeuses Fêtes et en bonus, cette envie de temps monotone.

A propos ratonnedebiblio

Elle fait le pari que les gens curieux ont une longueur d'avance dans la vie.
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Un commentaire pour L’écoles des films

  1. Tout à fait d’accord Ratonne! Je nous souhaite de nous ennuyer un peu, d’avoir trop de temps, de chercher quoi faire, de trouver la journée longue, bref de prendre le temps de vivre durant cette pause! Et puis, si la gourmandise te prend, une autre source d’inspiration: une insatiable lectrice, semble-t-il comme nous, http://sophielit.ca/index.php. Une jeune maman, enseignante au secondaire qui s’est donné pour défi de lire un livre par jour pendant un an. Elle vient de lire Paul au parc. Tu vois le genre?! Allez, bonnes vacances!

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